Comment créer un mur en pierre sèche ?

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Un muret qui tient des siècles sans une once de ciment : la pierre sèche n’a pourtant rien d’un secret d’initié.

Par où commencer pour bâtir un mur en pierre sèche ?

Le principe est vieux comme nos campagnes : on empile des pierres sans mortier, et c’est la gravité, le frottement et l’imbrication des blocs qui assurent la tenue. Un mur se compose toujours de deux parements extérieurs et d’un cœur garni de petites pierres. Avant de poser le premier bloc, prenez le temps de vous documenter sur ce blog dédié à la maison et d’observer les ouvrages anciens autour de chez vous.

Tout part du sol. On creuse une tranchée pour asseoir une semelle d’au moins 40 cm de profondeur, plus large d’une trentaine de centimètres que le mur lui-même. Cette base, garnie de pierres concassées qui font aussi office de drain, décide de la longévité de l’ouvrage.

Vient ensuite le tri des pierres, étape qu’on néglige trop souvent. Réservez les blocs les plus lourds pour la base et les angles, les pierres longues pour les liaisons, les plus plates pour le sommet. Prévoyez large : entre les vides et les chutes, comptez 1,3 à 1,5 fois le volume théorique du mur.

Comment empiler les pierres pour qu’elles tiennent ?

La montée se fait rang par rang, entre deux cordeaux tendus qui matérialisent l’alignement et l’inclinaison. Chaque pierre se pose sur sa face la plus plate, légèrement penchée vers l’intérieur. Cette inclinaison rentrante, le fruit, se calcule autour de 5 cm par mètre de hauteur et grimpe jusqu’à 8 à 15 % pour un mur qui retient de la terre.

Quelques règles font toute la différence entre un muret qui dure et un tas de cailloux. Les voici, telles que les appliquent les muretiers depuis des générations :

  • croiser systématiquement les joints, sans jamais aligner deux pierres l’une sur l’autre, pour éviter le « coup de sabre » qui fragilise le mur ;
  • poser une boutisse, cette pierre traversante qui relie les deux parements, au moins tous les mètres carrés ;
  • combler le cœur du mur au fur et à mesure avec de la pierraille, jamais avec de la terre végétale ;
  • caler chaque bloc par l’arrière à l’aide de petits éclats, et non par la face apparente ;
  • poser les pierres dans le sens de leur lit pour éviter qu’elles n’éclatent.

Au moindre doute, posez la pierre, reculez, observez. Un bloc qui bouge sous la main bougera bien davantage sous le poids des rangs suivants : mieux vaut le recaler tout de suite.

Couronnement et autorisations : comment finir votre mur ?

La dernière rangée, le couronnement, se monte avec des pierres plates et lourdes qui verrouillent l’ensemble par leur poids. Posez-les bien jointives : ce sont elles qui protègent le mur de la pluie et des écarts de température.

Côté démarches, un muret de moins de 2 mètres échappe le plus souvent au permis de construire. Une déclaration préalable peut toutefois être exigée selon votre plan local d’urbanisme, surtout en secteur protégé ou pour une clôture. Un appel à la mairie avant de commencer vous évitera bien des déboires.

Reste l’essentiel : la patience. Un mur en pierre sèche se tasse et se renforce avec le temps, au point que ce savoir-faire figure depuis 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Rien ne presse, donc, à condition de respecter chaque règle de pose.

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